Titre Surveillance des pollens dans l'air

Sommaire

Le RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique) est une association, loi de 1901, chargée d'étudier le contenu de l'air en particules biologiques, et de mesurer leurs conséquences sur la santé. Parmi les particules biologiques présentes dans l'air, les pollens et les moisissures sont les principaux facteurs des allergies respiratoires.

Les pollens

Le grain de pollen est l'élément reproducteur microscopique produit par les organes mâles des plantes (anthère des étamines). Au moment de sa dispersion, le grain de pollen contient deux ou trois cellules. La couche externe du grain de pollen est composée d'une substance très résistante appelée "sporopollenine" qui lui permet d'être diffusé dans l'environnement sans être abîmé. La forme des grains de pollen et ses ornements sont caractéristiques de la plante qui les a produits et permettent ainsi de les identifier.

Comment est transporté le pollen ?

Une fois produit par les anthères, le grain de pollen doit ensuite atteindre le style, c'est à dire l'organe femelle de la plante, pour que la fécondation puisse avoir lieu, formant ainsi une graine qui pourra germer et donner naissance à une nouvelle plante.
A la différence de l'espèce animale, la grande majorité des plantes porte à la fois les organes femelles et les organes mâles sur la même fleur : on dit qu'elles sont " hermaphrodites" ou "bisexuées".
Au contraire, certaines plantes ont des sexes séparés et possèdent à la fois des pieds femelles qui portent le style et des pieds mâles qui portent les anthères. Ce sont des plantes "unisexuées" et il faut à la fois des pieds mâles et des pieds femelles pour que la fécondation puisse se faire.
Le pollen produit par les organes mâles doit donc être transporté vers les organes femelles.
Ce transport peut s'effectuer de plusieurs manières, grâce :

  • Aux insectes chez les plantes dites "entomophiles"
    Les fleurs qui utilisent des insectes pour se reproduire sont généralement voyantes, parfumées, riches en nectar et hermaphrodites (roses, pissenlits, marguerites , arbres fruitiers). Leur pollen est peu abondant dans l'atmosphère et peu allergisant.
  • Au vent chez les plantes dites "anémophiles"
    A différentes époques de l'année, les pollens des arbres et des plantes emplissent l'atmosphère. Véhiculés par l'air, ils parcourent parfois de grandes distances (d'autant plus grandes que leur taille est minime et leur poids plus léger).

Les fleurs qui utilisent le vent sont généralement discrètes, ternes, sans odeur ni nectar et unisexuées (graminées, oseille, armoise, ambroisie, cyprès, bouleau). Leur pollen est abondant dans l'atmosphère et souvent allergisant.

Quels sont les pollens les plus allergisants ?

Ce sont les pollens transportés par le vent (plantes anémophiles), leur taille est de 20 à 60 micromètres en moyenne. Les plus allergisants sont :

Parmi les arbres :
  • Les bétulacées dans le nord de la France avec le bouleau, l'aulne et le noisetier.
  • Les conifères, avec un rôle important des cupressacées qui sont devenues très présentes par la plantation des haies ou des arbres ornementaux. Le pin joue un rôle mineur.
  • Les platanes.
  • Les oléacées dont l'olivier, le frêne et le troène.
  • Les chênes.
Parmi les graminées :
  • La phlélole.
  • L'ivraie.
  • La dactyle
  • Le paturin.
Parmi les herbacées :
  • Les plantains.
  • L'armoise dans le nord et l'ambroisie dans le sud-est de la France, et en particulier dans la région lyonnaise.
  • Les chénopodes.
  • Urticacées avec la pariétaire sur le pourtour méditerranéen.

Les moisissures

Des milliers d'espèces de micro champignons vivent sur les végétaux. Ils se reproduisent en émettant des spores. Ces spores se répandent dans l'air quand la température et l'humidité leur sont favorables et pourront à leur tour former de nouveaux champignons. C'est ainsi qu'en été, on respire environ 1 000 fois plus de spores de champignons (fongiques) que de grains de pollens. Leur inhalation peut provoquer, chez les sujets sensibilisés, des rhinites et de l'asthme, ce dernier pouvant aller jusqu'au malaise cardiaque. Les deux principaux genres en sont alternaria et cladosprorium.

Surveillance des particules dans l'air

Les pollens et les moisissures atmosphériques sont surveillés au moyen de capteurs spécifiques présentant les trois caractéristiques suivantes :

  • L'aspiration d'un débit d'air régulier équivalent à une respiration humaine (10 litres d'air par minute).
  • Transparence et stabilité du support du matériel capté offrant la possibilité d'une lecture au microscope très rapide et très facile.
  • Mode d'enregistrement permettant une analyse par tranches horaires et/ou bi-horaires.
Exemple de bande cellophane

La bande transparente contenant l'ensemble des informations enregistrées est analysée au microscope optique. Un découpage et un repérage permettent à l'analyste d'identifier et de compter les grains correspondant à chaque tranche de 2 heures. Ainsi il est possible de disposer des concentrations en pollens et en moisissures dans l'air. Ces comptages servent à établir les bulletins allergo-polliniques.

Sur l'Île-de-France, le capteur principal situé sur le toit de l'Institut Pasteur à Paris (XVème) permet de couvrir une zone géographique de près de 100 km de diamètre. Un 2ème capteur de validation est placé à proximité de la Gare de Lyon. Les analyses sont réalisées par des analystes du Laboratoire d'hygiène de la ville de Paris (LHVP) formés par le RNSA.

Bande adhésive placée sur le tambour

Bulletins allergo-polliniques

Les données métrologiques (pollens et moisissures) sont complétées par des données cliniques et des prévisions météorologiques. Il est possible ainsi de déterminer, pour la zone du rayon d'action (40 à 50 km), le ou les principaux taxons (pollens correspondant à une famille botanique) et le risque allergique chiffré de 0 à 5 (5 : très élevé - 4 : élevé - 3 : moyen - 2 : faible - 1 : très faible - 0 : nul).

Le rhume des foins

Définition

La pollinose, souvent appelée rhume des foins, est le nom donné à l'allergie au pollen des arbres, plantes, herbacées et graminées. C'est le modèle des maladies allergiques. Elle est en général saisonnière, et récidive chaque année à peu près à la même période.
Le pollen joue, dans certaines circonstances, le rôle d'allergène, c'est à dire de substance induisant chez 10 à 30% des habitants de la planète, la fabrication d'anticorps, responsables à leur tour de la libération de substances inflammatoires dans l'organisme.

Symptômes

Les pollens provoquent par inhalation, en pénétrant dans les voies respiratoires des individus sensibles, allergiques, des affections le plus souvent bénignes, parfois sévères, toujours gênantes voire invalidantes :

  • Rhinite avec irritation et picotements du nez, crises d'éternuements, écoulement souvent abondant et obstruction nasale.
  • Conjonctivite avec larmoiement, démangeaisons, rougeurs et sensation de grains de sable.
  • Toux, oppression thoracique ou respiration sifflante, asthme, avec diminution du souffle.
  • Fatigue, maux de tête, manque de concentration ou d'attention lié à un sommeil perturbé par la rhinite.
  • Manifestations cutanées avec aggravation de certains eczémas, oedèmes, et urticaires plus rarement.

Le rhume des foins apparaît le plus souvent entre 8 et 20 ans, et diminue avec l'âge (10% des enfants d'âge scolaire et 15% des adolescents et des adultes jeunes). Après l'âge de 35 ans la révélation d'une pollinose est rare.
Exceptions : cyprès – ambroisie

Quel lien avec la pollution atmosphérique ?

Les études épidémiologiques récentes indiquent une augmentation de la fréquence de l'allergie pollinique, peut-être induite par la pollution atmosphérique. La pollinose se développerait par augmentation de l'agressivité des pollens sous l'influence des polluants atmosphériques. La pollution agit de plus en plus sur les voies respiratoires en les fragilisant et en les rendant plus réceptives aux pollens.

La pollution atmosphérique accroît les effets des pollens :
  • Elle rend les pollens plus allergènes.
  • La sensibilité des individus aux pollens est accrue lors des épisodes de pollution.
  • Elle peut contribuer à l'accroissement de la période de pollinisation

Influence des conditions météorologiques

La météo peut avoir une influence sur la concentration en pollens dans l'atmosphère de deux façons :

  • Action sur la pollinisation
    Les conditions de températures hivernales, puis les températures diurnes de la fin de l'hiver et du printemps permettent l'évolution de la plante, du bourgeon, de la floraison et donc de la production de pollen.
  • Action sur la dissémination des grains de pollens
  • Le soleil, la chaleur et le vent sont les conditions favorables à la dissémination des grains de pollens, alors que la pluie et le froid sont, elles, des conditions défavorables.