Titre La qualité de l'air dans les enceintes du métro ou du RER

Sommaire

Dans les enceintes du métro ou du RER, la qualité de l’air est mitigée. Certains polluants comme le dioxyde d’azote sont en plus faible quantité qu’à l’extérieur, ou quasiment absents comme l’ozone. D’autres comme les particules peuvent atteindre des niveaux beaucoup plus élevés dus à la circulation des rames et la fréquentation.

Deux études ont été menées par Airparif en collaboration avec la RATP : une première à la station Faidherbe-Chaligny (ligne 8) en décembre 2008 et une seconde à la station RER d’Auber fin 2009. Des points de mesure ont été installés dans les deux cas à l’intérieur des stations et à l’extérieur, pour étudier les transferts de pollution entre ces deux environnements. Les polluants suivis étaient le dioxyde d’azote, les particules PM10 (inférieures à 10 μm) et PM2,5 (inférieures à 2,5 μm). Les deux études ont montré des tendances comparables.


Transfert de l’intérieur vers l’extérieur : le cas des particules

A Faidherbe comme à Auber, pour les particules, les teneurs moyennes étaient significativement supérieures aux teneurs relevées dans l’air extérieur : 2,5 fois pour Faidherbe, et plus de 10 fois sur les quais d’Auber. On a ainsi relevé à Faidherbe une moyenne de 60 μg/m³ à l’intérieur de la station pour les PM10, contre à peine 25 μg/m³ à l’extérieur le long de la rue Faidherbe et du boulevard Saint-Antoine. A Auber, la moyenne de PM10 sur les quais pendant la campagne de mesure était à près de 330 μg/m³ alors que les niveaux le long de la rue Auber dépassaient légèrement 20 μg/m³. Dans la salle d’échange du RER, les niveaux atteignaient 50 μg/m³. Les tendances étaient les mêmes pour les PM2,5, avec des concentrations plus élevées sur les quais que dans la salle d’échange ou que dans l’air extérieur le long des axes routiers environnants. Ces résultats illustrent bien l’impact du métro ou du RER en termes de pollution particulaire. En effet, l’activité ferroviaire et surtout les systèmes de freinage sont principalement sources de particules. De plus, le passage des rames entraîne une remise en suspension des particules déposées au sol. La circulation des masses d’air, liée notamment aux systèmes de ventilation, entraîne ensuite des échanges entre les quais, les salles d’échange et l’air extérieur.

Transfert de l’extérieur vers l’intérieur : le cas du dioxyde d’azote

En ce qui concerne le dioxyde d’azote, la circulation routière et autres sources de pollution extérieures sont responsables en majeure partie des niveaux relevés en souterrain. En effet, la circulation du métro ou du RER n’émet pas ce type de polluant et les bouches d’aération des stations étudiées se trouvent souvent à proximité immédiate d’axes de circulation importants. C’était notamment le cas à la station Faidherbe, la grille de ventilation de la station étant à proximité de la rue du Faubourg Saint Antoine. L’impact des niveaux extérieurs a été particulièrement visible le jour où la pollution extérieure était la plus élevée de la campagne. Ce jour-là, les niveaux de dioxyde d’azote ont également atteint leur maximum sur les quais. En ce qui concerne les moyennes obtenues sur ce polluant sur toute la durée des campagnes de mesure, elles sont ainsi plus faibles dans les stations qu’à l’extérieur. Pour Faidherbe, les niveaux les plus élevés ont été relevés à l’extérieur en proximité de la rue du Faubourg- Saint-Antoine (71 μg/m³ en moyenne), contre environ 60 μg/m³ sur les quais de la station. Et pour la deuxième campagne, la moyenne la plus élevée a été enregistrée rue Auber (64 μg/m³), alors que les niveaux globaux dans la salle d’échange et sur les quais étaient respectivement de 59 μg/m³ et 45 μg/m³.

     

Eléments de comparaison avec d’autres modes de transport

Exposition personnelle de franciliens suivant leurs activités. Eléments sur le benzène

Une étude exploratoire commandé par l’Afsset (devenue l’Anses) sur l’exposition personnelle de franciliens a été réalisée par Airparif en 2007. A partir d’un échantillon limité de franciliens, cette étude a permis d’apporter de premiers éléments d’évaluation des différentes expositions à la pollution tout au long de la journée pour des personnes utilisant des modes de transport différents.
Les mesures de benzène sont apparues plus importantes chez les automobilistes. Bien que très variable suivant les parcours, l’exposition des automobilistes au benzène a été la plus importante que celle des autres groupes, notamment les transports en commun.

Comparaison de différentes études sur l’exposition dans les transports

L’Anses a réalisé une étude sur la pollution de l'air des enceintes de transports ferroviaires souterrains en France et les risques sanitaires associés chez les travailleurs. Dans ce cadre, l’Anses a compilé plusieurs études de comparaison d’exposition de la population à différents modes de transport. Ces études montrent des résultats différents suivant les villes étudiées comme indiqué par l'Anses :
" - A Londres, Milan, Los Angeles et Paris, l’exposition des usagers des métros aux particules (PM10, PM2,5 et PM1) est supérieure à celle des autres modes de transports terrestres (piéton, voiture ou bus).
- A l’inverse, l’exposition aux particules des usagers des métros à Mexico, Hong Kong et Shanghai est inférieure aux autres modes de transports étudiés.
Cette différence peut s'expliquer d’une part par un niveau de pollution de l’air ambiant extérieur à Mexico, Hong Kong et Shanghai généralement plus élevé qu’à Londres, Milan, Los Angeles et Paris. D’autre part elle peut aussi s’expliquer par un niveau de concentration en particules dans les rames des métros de Mexico, Hong Kong et Shanghai plus faible du fait de la présence de climatisation dans ces réseaux relativement récents.

En ce qui concerne l’exposition aux particules (PM10, PM2,5 et PM1) déterminées par trajet sur des lignes ferroviaires majoritairement souterraines ou principalement aériennes :
- A Londres et Los Angeles les expositions dans la ligne de métro souterraine sont supérieures à celles des lignes aériennes.
- A Hong Kong il n’est pas observé d'élévation de l'exposition aux particules PM10 et PM2,5 pour les usagers de la ligne entièrement souterraine par rapport aux lignes aériennes.
Cette différence peut s'expliquer par la présence de système d’air climatisé dans les rames du métro relativement récent de Hong Kong, et par un niveau de pollution de l’air ambiant extérieur à Hong Kong généralement plus élevé qu’à Londres et Los Angeles.
"