Titre La qualité de l'air à l'école

Sommaire

La pollution dans les espaces clos provient à la fois des polluants intérieurs issus des produits et objets de notre quotidien ainsi que de l’environnement extérieur immédiat. La problématique spécifique des polluants intérieurs dans les crèches et les écoles françaises a été abordée lors d’une étude pilote lancée en 2009 par le ministère de l’Environnement suite au Grenelle de l'Environnement (loi Grenelle 2). L’étude de la qualité de l’air extérieur aux abords de ces établissements permet de compléter l’évaluation de l’exposition des écoliers.


Étude pilote en 2009

Une étude pilote a été lancée en 2009 sur la qualité de l’air dans les écoles et crèches françaises par le ministère de l’Environnement. Airparif y était associée pour des mesures en Île-de-France.

L’objectif de cette campagne nationale était de valider un protocole de mesure pour toutes les écoles-crèches du territoire. Les mesures concernaient 300 établissements, avec le suivi de deux polluants : le benzène (issu notamment du trafic routier) et le formaldéhyde (celui-ci, par exemple présent dans les colles et les panneaux agglomérés, est caractéristique de l’air intérieur). En complément, des mesures de dioxyde de carbone ont également été réalisées comme indicateur de confinement. L’étude a été réalisée en deux phases : phase I durant l’année scolaire 2009-2010 et phase II ; durant l’année scolaire 2010-2011. En Île-de-France, les résultats de l’étude montrent que la valeur guide maximale pour le formaldéhyde (30 µg/m³ sur une année) est respectée (à l’exception d’un établissement de la phase II). Les niveaux de benzène relevés étaient quant à eux plus forts que sur l’ensemble du territoire à cause des niveaux plus élevés dans l’air ambiant en Île-de-France (en lien avec la densité du trafic). Pour 95 % des établissements de la phase I et 85 % des établissements de la phase II, les moyennes restaient inférieures à la valeur repère (5 µg/m³) établie par le Haut Conseil de santé publique pour l’air intérieur. Enfin, les mesures de CO2 révèlent que 30 % des établissements franciliens de la phase I et 43 % de la phase II, sont en situation de confinement (manque d’aération).

L’analyse de Corinne Mandin (OQAI) à l’échelle de la France

La première phase de l’étude a révélé peu de cas problématiques en France par rapport aux deux indicateurs de pollution chimique, les valeurs guides sont en majeure partie respectées. Les fournitures scolaires (peintures, colles…) peuvent être source de pollution, mais on n’observe pas de lien direct avec des niveaux élevés. Quant au confinement, il concerne un quart des salles. Peu d’établissements sont équipés de systèmes de ventilation mécanique, il est donc important d’ouvrir les fenêtres de façon systématique. Aérez à l’inter cours ! Pour information, l’OQAI engage cette année une campagne nationale dans les écoles pour mieux connaitre l’exposition des enfants aux polluants présents dans les écoles maternelles et élémentaires et pour lesquels les connaissances sont très limitées (particules, allergènes, phtalates…).

  • Quelle est la suite ?

"La loi portant engagement national pour l’environnement a rendu progressivement obligatoire la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans certains établissements recevant du public sensible, notamment les lieux accueillant des enfants. L’entrée en vigueur de ce nouveau dispositif réglementaire est progressive et devra être achevée, selon les structures concernées, entre 2018 et 2023." extrait du Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.
- La surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les lieux accueillant des enfants

Air extérieur aux abords des écoles

En complément des polluants intérieurs, le transfert de la pollution extérieure vers l’intérieur impacte aussi l’exposition des enfants. Dans le cadre d’un programme sur la qualité de l’air à proximité des voies à grande circulation, Airparif s’est intéressée plus particulièrement aux publics sensibles et notamment aux jeunes enfants dans les crèches et les écoles.

En Île-de-France, 55 % des crèches, écoles, structures d’hébergement des personnes âgées, hôpitaux, mais aussi terrains de sport en plein air sont situés à moins de 500 m d’un axe routier majeur. Grâce aux informations géo-localisées de l’IAU Île-de-France (Institut d’aménagement et d’urbanisme), et grâce aux outils de calcul de la pollution d’Airparif, il a été possible d’étudier la situation de ces structures par rapport aux normes de qualité de l’air pour des polluants réglementés dans l'air extérieur liés en grande partie au trafic routier : le dioxyde d’azote, les particules (PM10 et PM2,5) et le benzène.

Principaux résultats

L’étude montre que le dépassement des valeurs limites concerne un quart des établissements pour les particules PM10, et un tiers d’entre eux pour le dioxyde d’azote. Par ailleurs, tous les établissements dépassent l’objectif de qualité pour les particules fines PM2,5 comme dans toute la région. Par contre, les objectifs de qualité pour les PM10 et pour le benzène sont respectés dans 90 % des cas. Les niveaux de pollution dépendent fortement du degré de proximité aux axes et au cœur de l’agglomération. Pour prendre l’exemple du dioxyde d’azote, près de 70 % des établissements situés à moins de 50 m d’un axe observent un dépassement de la valeur limite. Ce taux est plus ou moins élevé en fonction des zones : il atteint presque 100 % à Paris mais reste inférieur à 30 % en grande couronne. Par contre, à plus de 250 m de distance, les dépassements sont très rares, sauf à Paris.


Pourcentage des établissements dépassant les valeurs réglementaires pour Paris – la petite couronne – la grande couronne. Données issues de l’étude « Caractérisation de la qualité de l’air à proximité des voies à grande circulation » – décembre 2012

Par ailleurs, un dépassement de l’ensemble des normes pour les trois polluants est observé pour les établissements qui sont en moyenne implantés à moins de 40 m d’un axe important, soit 125 écoles (près de 28 000 élèves de maternelles et primaires), 85 crèches (3 250 places).